S'il y a bien une chose que j'aurai aimé ne pas tester avec l'une de mes filles,
c'est un lange d'abduction !
Je viens d'apprendre que ma 2ème petite fille souffre d'une dysplasie de hanches.
Un nom compliqué pour une maladie bénigne, mais qui,
si elle n'est pas traitée peut entrainer des complications à l'adolescence et à l'âge adulte.
Explication :
Une dysplasie de hanches est recherchée chez tous les nouveaux-nés à la naissance par une manoeuvre effectué par un pédiatre. Vous l'avez sans doute vu si vous êtes maman. Il cherche un ressaut.
Notamment chez les petites filles née en Bretagne avec des antécédents familiaux.
Puis, si un doute est laissé, on conseille une échographie des hanches à l'âge de 1 mois.
Ce qui m'a été conseillé pour mes 2 filles.
Pour Pâquerette, rien à signaler, mais pour Coquillette récemment,
on m'a demandé de revenir faire une écho de contrôle pour ses 2 mois.
Ce que j'ai fait.
Et à ses 2 mois, après 1/2h d'examen, on m'a annoncé qu'elle souffrait d'une dysplasie de hanche.
Dur, dur . . . le monde s'effondre, qu'est ce que c'est ? Mon enfant a quelque chose de grave ?
De suite, on m'a rassuré en m'expliquant qu'il faudrait lui mettre un lange qui lui écarterait les jambes pendant 2 mois et que souvent, cela suffisait pour la guérir.
Une dysplasie de hanche, voilà ce que c'est :
En gros, lors des manœuvres luxantes, l'os de la cuisse (le fémur) s'insert mal dans l'articulation de la hanche.
Le risque, si on ne fait rien, c'est d'avoir des frottements et donc une usure à long terme avec une arthrite dès l'adolescence et des douleurs importantes lors de la marche après.
Donc, on nous conseille fortement le port d'un lange en abduction dès les premiers mois de vie.
Cela s’appelle "un lange câlin".
Quand on ne connait pas, on se dit qu'avec un nom si mignon, ça ne doit pas être si terrible.
Que neni.
J'ai été voir sur internet ce que c'était. Ce qu'il ne faut pas faire . . .
Arrgghh . . . terrible internet où l'on voit de tout.
J'ai vu des culottes à scratch, des salopettes, mais aussi des tractions, des enfants plâtrés . . .
Bref, je suis allée à ma consultation en me demandant ce qu'elle aurait et en espérant le moins pire.
Et j'ai eu le . . . moyen pire, on va dire.
Le harnais salopette, j’aurai préféré la simple culotte à scratch, mais on, on a pas le choix.
Bon je ne vous cache pas que ça m'a fichu un coup de voir ma fille comme ça. Là je n'étais plus puéricultrice mais maman. Une maman émue et inquiète de voir sa fille dans un tel état. C'est vraiment un dispositif barbare je trouve. Depuis des dizaines d'années, ça n'a pas évolué.
Du jour au lendemain, ton enfant se retrouve les jambes écartées comme ça, de force, sans pouvoir dire quoi que ce soit. C'est de la torture je trouve, mais si c'est pour son bien alors on doit s'y résoudre . . .
La puéricultrice qui m'a expliqué comment le poser m'a dit "souvent les enfants le supporte bien et ne pleure presque pas" "vous verrez, c'est vous qui aurez le plus de mal".
Mais bon , quand elle lui a posé, bien que je sois à côté à la rassurer, elle a pleuré super fort, ça m'a mal le cœur, j'aurais voulu prendre sa place pour souffrir et non elle. Je voulais lui enlever, mais je savais qu'il ne le fallait pas. Et elle continuait à pleurer.
La puéricultrice est parti de la pièce en me disant "vous allez voir, elle va s'y habituer, laissez là se calmer, je reviens". Alors j'ai pris sur moi et j'ai fait diversion avec une chanson. Je l'ai prise dans mes bras et l'ai bercé, puis je lui ai proposé une tétée rassurante. Je ne savais même pas comment la prendre, mais j'ai essayé de faire au mieux avec ce truc en plastique énorme entre ses jambes.
Elle s'est enfin apaisée. J'ai continué en lui parlant et elle m'a regardé attentivement.
Je lui ai dit que c'était pour son bien et que ça n'allait pas durer, que j'étais là près d'elle.
Puis, la puéricultrice est revenue avec des papiers à signer et m'a dit "ah vous voyez".
Mouaii . . .
J'ai signé les papiers et elle m'a dit "c'est bon, vous pouvez y aller, on se revoit dans 2 mois avec une radio de contrôle". Et je suis partie comme ça avec coquillette sous le bras dans sa nacelle tout arnachée. Elle a re-pleuré un peu dans la voiture avant de s'endormir. Ça m'a serré le cœur, puis quand elle s'est endormie j'ai essayé de penser à autre chose, mais c'était dur.
Après une semaine, je peux dire qu'elle le supporte bien. Elle pleure un peu, mais bouge quand même ses jambes et sourit. Elle continue à faire ses mini nuits (23h30-9h). Et vit sa petite vie comme avant.
Ça me rassure, même si elle grimace et pleure de temps en temps en étirant ses jambes.
Moi en revanche, j'ai vraiment eu du mal à la voir comme ça pendant plusieurs jours (la puéricultrice avait raison). Je me suis sentie terriblement coupable et impuissante. J'avais envie de lui enlever, de lui mettre moins, mais mon conjoint me résonnait en me disant qu'elle n'allait pas guérir et que les médecins allaient allonger l'ordonnance après. Ce qui est vrai . . . mais quand on est une maman et que l'on voit son enfant souffrir, on ne sait plus quoi faire, ni penser . . .
J'ai pris sur moi et maintenant ça va mieux. Je me suis habituée à la voir comme ça et à lui mettre.
Et puis, en la voyant si courageuse à le supporter et à sourire toute la journée, je me suis dis que finalement elle n'était pas si malheureuse et qu'elle n'avait pas l'air de souffrir plus que ça. Que je m'en faisais plus qu'elle.
Voici quelques photos pour vous donner une idée de ce qu'est une vie de bébé avec un lange "câlin" :
Ça écarte les jambes comme ça :
Je ne fait pas cet article pour me plaindre, loin de là.
Mais si cela permet à certaines mamans d'être informées et rassurées, alors il servira.
A suivre :
Un article sur "les astuces à connaître quand on a un enfant souffrant de dysplasie de hanches"